Envoyer à un ami

Salon du 1er roman 2009

Date de l'évènement :

  • Le 14 novembre 2009

Remise prix par Villepin Sa

Vous pouvez télécharger :

Le 8e Salon du 1er roman fut l’occasion de rencontres et de dédicaces avec les auteurs. De nombreuses tables rondes ont animé cet après-midi consacré à la littérature sous toutes ses formes.

Le premier prix fut remis par Dominique de Villepin – ancien Ministre-, en présence du Député-Maire Georges Tron et du Maire-adjoint chargé de la Culture, Brigitte Gruel, à Tatiana Arfel pour son roman L’attente du soir, paru aux éditions José Corti.

Notre romancière, très touchée par cette marque de reconnaissance de la part du jury, a bien voulu répondre à nos questions.

Dans quel esprit avez-vous écrit ce premier livre ?
On dit que les premiers romans sont souvent autobiographiques, mais il s'agit d'un univers (la peinture, le cirque) entièrement imaginaire. J’écris depuis longtemps de petits textes - poèmes, contes, nouvelles. J'ai voulu mettre en scène trois personnages, avec chacun leur voix, leur souffle, leur solitude. C'est un roman sur la fraternité, la rencontre avec l'autre en ce qu'elle donne accès à une créativité déjà présente, mais souvent cachée. Par exemple, le personnage du Môme peint très vite le petit chien qu'il a rencontré, et le porte ainsi toujours avec lui. Ou encore Giacomo, le vieux clown, compose des symphonies de parfums en s'inspirant du public qui vient le voir au cirque.

Vous êtes arrivée la première sans aucune discussion ni hésitation entre les membres du jury, qui considère L’attente du soir «d’une telle invention et d’une telle créativité !» Quel passage liriez-vous ?
Giacomo :
« Un visage grimé, inquiet, flottait sans corps derrière les fumées maternelles : mon père, clown de profession, avait pour l’occasion retiré son nez rouge et cessé ses mimiques. Les larmes délayaient ses fards. Ma mère a accouché dans sa roulotte. Une vieille sage-femme du village où nous donnions les représentations était accourue, alertée par les lamentations et les cris de mon père. À peine quelques heures auparavant, ma mère répétait un numéro de trapèze.
Elle avait perdu les eaux en plein vol. Elle avait arrosé mon père, ainsi que Jules, notre aide de camp, et deux caniches qui se trouvaient au-dessous d’elle. C’est là que mon père a commencé à crier en arrachant ses cheveux trempés. Mes parents avaient le sens du spectacle. J’étais leur premier et fus leur seul enfant. Ma mère quittait à peine son adolescence. Mon père grimpait déjà sur sa trentaine et restait pourtant aussi ignorant sur la chose qu’un catéchumène. À peine avait-il dû faire le lien entre leurs étreintes nocturnes et le ventre épanoui de sa femme, par ailleurs fort menue.»


Comment avez-vous choisi l’éditeur José Corti ?
J’admire cet éditeur exigeant qui publie peu, à tel point que je n'ai pas osé d'abord envoyer mon manuscrit. Aussi, j’ai commencé par essuyer les refus d’autres maisons comme Gallimard, Grasset, Le Seuil, Actes Sud, le Dilettante, Mercure de France, Phébus… Puis, j’ai fait fi de ma timidité et suis allée voir José Corti. C’était en mai 2008. Deux mois plus tard le manuscrit a été accepté. Ce roman a été imprimé en 4000 exemplaires avant de paraître en janvier 2009.

Vous avez 30 ans et habitez Paris. Ecrire est votre principale occupation ?
Oui. J’anime des ateliers d’écriture avec des propositions essentiellement fictionnelles (fantastiques, ludiques, sensorielles avec peintures, odeurs...). Ecrire ensemble avec des règles concrètes permet de dépasser à la fois l'angoisse de la page blanche et l'autocensure. La créativité que chacun porte peut ainsi, peu à peu, s'exprimer.

Que représente pour vous ce prix ?
Affiche 8e Salon 1er romanJe souhaite remercier l’immense travail des 31 membres du jury, qui ont lu 54 livres chacun et pris le temps d’en débattre, de confronter leurs idées. Je suis ravie d’obtenir cette distinction car elle me vient des lecteurs, qui construisent le livre autant que l'auteur et lui donnent chair. Je suis très émue et fière, c’est une belle reconnaissance. Ce que j’ai aimé dans ce salon, c’est que les gens viennent me parler, poser des questions, témoigner...
Et puis, ce prix de 3000 euros va me permettre d’avoir de quoi vivre pendant que j’écrirai mon prochain roman, sur la souffrance au travail dans le tertiaire, et plus précisément la mise en place d'une "novlangue" d'entreprise de plus en plus corsetée, complexe et procédurière."

Au théâtre D. Cardwell
1, avenue de Villiers
91210 Draveil

Contact :
Service évènementiel
01 69 39 03 89


haut de page