Les artistes

Eugène Delacroix

(1798-1863) 

Fils déclaré d'un député de la Convention et représentant en mission sous la Révolution, Eugène Delacroix (1798-1863) est passé à la postérité comme l'un des maîtres du romantisme et l'auteur du chef-d'oeuvre (entre autres) La Liberté guidant le Peuple. Ce peintre a vécu à Champrosay entre 1844 et 1862. Il y soignait une laryngite tuberculeuse mais y puisait surtout énergie et inspiration.

On peut approcher la personnalité de Delacroix à travers cette définition de Charles Baudelaire : «  Un curieux mélange de scepticisme, de politesse, de dandysme, de volonté ardente, de ruse, de despotisme, et enfin d'une espèce de bonté particulière qui accompagne toujours le génie ».

Si Champrosay n'occupe qu'une place mineure dans l'oeuvre immense du peintre avec quelques paysages et soleils couchants, la Seine et la forêt fournissent des sources d'inspiration indirectes pour de nombreuses créations. Lorsqu'il rentre de Paris, l'artiste trouve à Champrosay le repos et la volonté de travail. Il intercale des séances matinales de peinture dans de longues promenades en forêt, où il emporte son matériel. De nombreux extraits de son Journal de 1854 évoquent une réelle connivence entre la nature et sa personnalité.

Alphonse Daudet

(1840-1897) 

Alphonse Daudet est à l'apogée de la gloire lorsqu'il se rend acquéreur d'une villa proche de la petite chapelle de Champrosay. Il y vivra onze années en alternance avec sa résidence parisienne. Pendant cette période, le salon de Daudet devient celui du Tout-Paris. Des peintres renommés comme Monet, Renoir et Van Gogh, des écrivains à la mode comme les frères Goncourt, font connaître l' « isba » de Daudet et l'univers de Champrosay. Daudet a pris Champrosay et la forêt de Sénart comme cadre de La Petite Paroisse. Les lieux et les personnages sont clairement indiqués ou à peine modifiés. Champrosay est baptisé Les Uzelles, du nom des biens autrefois communaux de Draveil. Napoléon Quantinet, ami d'Eugène Delacroix, parrain de la Petite Paroisse. Un des personnages principaux est la grande route de Corbeil...

Nadar 

(1820-1910)

Journaliste, aéronaute, visionnaire, Nadar  est à coup sûr l'un des photographes les plus célèbres du 19e siècle. Ses portraits de Delacroix et Daudet ne sont pas indignes de celui d'Alexandre Dumas qui battit tous les records d'enchères en 1979.

Nadar fut un brillant artiste de la caricature politique. Par sa férocité et son humour, il se montra digne du célèbre Daumier. En 1887, âgé de 67 ans, Nadar élit domicile dans ce coin retiré à l'Ermitage de Sénart pour mener une vie calme et champêtre et soigner son épouse hémiplégique. Il y installe un atelier photographique.

Edmond de Goncourt

(1822-1896)

Romancier,théoricien de l’école naturaliste, il a mené une vie de rentier, amateur d’art et d’histoire. Il a publié, avec son frère Jules, plusieurs livres historiques avant de s’orienter vers le roman. Mais le Journal ou les Mémoires de la vie littéraire reste leur œuvre la plus lue aujourd’hui. Célèbre pour sa malveillance et son acidité, le Journal est un témoignage sans égal sur les mœurs littéraires entre 1851 et 1896. Ce n’est qu’en 1956 qu’une édition complète sera publiée. Edmond poursuivra seul cette oeuvre, après le décès prématuré de Jules. Surtout féru de peinture, il se révélera un exceptionnel collectionneur, le découvreur de l'art japonais, il réhabilita le XVIIIe et s’éteint dans la propriété de son ami, Alphonse Daudet, à Champrosay. Edmond a légué toute sa fortune à une académie qui porte son nom et décerne chaque année, depuis 1903, le prix Goncourt.

Marie Laurencin

(1885-1956)

Après des études à l’Académie Humbert où elle a pour condisciple G. Braque et F. Picabia, elle rencontre P. Picasso qui lui présente G. Apollinaire. Avec lui, elle fréquente le bateau-lavoir et Montparnasse. En 1912, elle présente sa première exposition personnelle avec G. Delaunay. Peintre , dessinateur et graveur au style original, elle publiera quelques poèmes grâce à Gaston Gallimard, dessinera les décors et costumes de plusieurs ballets et réalisera les portraits de ses nombreux amis.

Marcelle Auclair

(1899-1983)

Journaliste, elle fonde la revue « Marie-Claire » . Traductrice de Garcia Lorca, elle écrit également de nombreuses biographies (Jean Jaurès, Bernadette Soubirou, Ste Thérèse d’Avila). C’est elle qui achètera la maison de Marie Laurencin à Champrosay.

Jean Prévost

(1901-1944)

Contribuant à la NRF, il excelle dans la critique mais également dans le journalisme littéraire.  Secrétaire de rédaction de la revue littéraire Le Navire d’argent, Jean Prévost révèle Saint-Exupéry, dont il deviendra l’ami, en publiant son premier texte L’Aviateur en 1926. Il le recommandera à Gaston Gallimard corrigera les épreuves de Courrier Sud, rédigera des articles élogieux dans la presse et aidera à faire connaître Antoine de Saint-Exupéry outre-Atlantique. En 1933, il fonde Pamphlet avec A. Fabre-Luce et P. Dominique pour y exercer un journalisme d’opinion plus engagé politiquement. Pendant la guerre, il entre dans la Résistance sous le nom de capitaine Goderville et participe à la création du journal clandestin Les étoiles à la fin de 1942. Il est tué les armes à la main, dans le Vercors, le lendemain de la disparition de Saint-Exupéry.

Joseph Gillain

(1914-1980)

Connu sous le pseudonyme de Jijé, il est une figure de la bande dessinée franco-belge. Fondateur de l’école de Marcinelle, il publie aux éditions Dupuis et dans le magazine Spirou. En 1943, les Dupuis achètent les droits du personnage de Spirou, c’est J. Gillain qui lui adjoint un compagnon loufoque nommé Fantasio. Créateur des personnages Jean Valhardi et Jerry Spring, il se lance dans l’aventure de la biographie en bandes dessinées. Très vite, il transmet son savoir aux jeunes passionnés de bandes dessinées dont Franquin, Morris, Peyo, Roba…. 

Luce Fillol

(1918-2010)

Après des études à l'Ecole normale de Constantine, elle devient enseignante. Arrivée en France, en 1962, elle partage son temps entre l’écriture pour la jeunesse et l’animation dans un centre social et culturel. 

Jean-Jacques Annaud

cinéaste, né en 1943 à Juvisy-sur-Orge mais élevé à Draveil. Il demeura toute sa jeunesse avec ses parents, Pierre et Madeleine, dans le quartier de la Villa à Draveil, au 62, avenue des Ormes - sa mère y vécu jusqu'à sa mort en 1996. Il fréquentait l'ancien cinéma le "Draveil Palace", situé au 10, rue Jean Jaurès, dont le fronton d'origine "années 30" est toujours visible.

Nicolas Tourgueniev

(1789-1871)

Diplomate libéral et écrivain. Il fonde, avec Mikhaïl Fiodorovitch Orlov (1788-1842), l’Ordre des chevaliers russes. Avec son homonyme Ivan et Nicolas Milutine, ministre de l’Intérieur, il présente au tsar Alexandre II un projet de réforme qui aboutira à la signature d’un édit sur l’abolition du servage le 19 février 1861. Membre d’une des sociétés secrètes qui susciteront le mouvement des décabristes, il s’exila dès 1824 à Londres puis à Paris et ne participa pas aux évènements du 26 décembre1825 mais il sera tout de même condamné à mort par contumace par Nicolas 1er pour participation à l’insurrection décabriste. Il publie en 1847 « la Russie et les Russes » et fut rétabli dans ses droits dix ans plus tard.

Frédéric Villot

(1809-1875)

Erudit, collectionneur, bibliophile, conservateur de la peinture au Musée du Louvre de 1848 à 1861, graveur rompu aux techniques de l'eau-forte, ami du peintre Eugène Delacroix. Officier de la Légion d'honneur (1861) ; membre fondateur de la Société de l'histoire de l'art français (1875).

Frédéric Masson

(1847-1923)

Bibliothécaire au Ministère des Affaires Etrangères puis secrétaire et ami du prince Jérôme Napoléon, il devient, à partir de 1894, le spécialiste des études napoléoniennes. Elu à l’Académie Française en 1903, il en devient le secréaire perpétuel en 1919. F. Masson entretient une correspondance avec Edmond de Goncourt jusqu’au décès de ce dernier en 1896 et le rencontra quelques fois chez les Daudet à Champrosay. Depuis 1874, il est conseiller municipal d’Asnières-sur-Oise, il en sera maire de 1886 à 1908.